C’est l’histoire d’un chagrin, celui d’un couple d’instituteurs dont les deux fils décèdent pendant la Première Guerre Mondiale.
Zéphirin Naudier et Reine Benoist, originaires de Seine-et-Marne, se marient en 1882 à La Celle-sur-Morin, le village de Reine. Ils passeront toute leur vie dans la région, tout d’abord à Gastins puis à Faremoutiers. Je les imagine très impliqués dans la vie locale, républicains et patriotes, comme l’étaient souvent les instituteurs à cette époque.
Deux fils morts pour la France
Ils auront deux fils : Édouard en 1890 puis Marceau en 1894. Édouard se destine à l’Inspection des Finances tandis que Marceau, après des études d’agronomie, reprend l’élevage de bovins de son grand-père maternel à La Celle-sur-Morin.
Lorsque la guerre éclate, Marceau rejoint le 1er Bataillon de Chasseurs à pied. Il est blessé en mars 1915 puis porté disparu le 18 juin 1915 à Angres dans le Pas-de-Calais. Édouard est nommé caporal fourrier au 46ème Régiment d’Infanterie, il est chargé de l’intendance et de la comptabilité du régiment. Il est tué lors du bombardement d’une ferme qui abritait un hôpital militaire à Bouchavesnes dans la Somme le 22 septembre 1916.
Faire vivre la mémoire de leurs fils
Les parents sont dévastés et tentent d’apaiser leur douleur en faisant vivre la mémoire de leurs fils. Ils font inscrire leurs noms sur les monuments aux morts de La Celle-sur-Morin, de Gastins et de Faremoutiers. Mais cela ne suffit pas, ils n’arrivent pas à faire leur deuil. Ils achètent donc dans les années 1920 une parcelle de terre à Angres et une à Bouchavesnes, sur les lieux où sont supposés être tombés Édouard et Marceau. Ils y font ériger deux monuments similaires : un piédestal surmonté d’une colonne brisée, symbole d’une vie fauchée.
Le monument d’Angres a été restauré et réhabilité en 2015. Une plaque commémorative et explicative a été posée. Celui dédié à la mémoire d’Édouard, aujourd’hui très abîmé, est toujours visible au milieu d’un champ.


Zéphirin et Reine Naudet décéderont à Faremoutiers en 1947 et 1949. Sur leur tombe, au cimetière de La Celle-sur-Morin, est inscrit « A la mémoire de nos bien-aimés Marceau et Édouard. Morts pour la France. Éternels regrets ».
Pour aller plus loin :
- MémorialGenWeb qui recense les monuments aux morts en France et à l’étranger
- Le forum Pages 14-18 où des passionnés partagent leurs connaissances très pointues en histoire militaire